A la suite des élections communales et municipales de décembre 2002 et janvier 2003, le Bénin fait partie des pays qui expérimentent la décentralisation en Afrique. Malheureusement, aucun gouvernement de la République n’a véritablement permis à la décentralisation de s’épanouir afin de manifester ses enjeux. Du coup, la décentralisation qui devrait être une expérience quotidienne pour les différents acteurs est limitée à sa portion congrue. Or, dans le monde, tout le monde chante les vertus de ce système qui donne tout son contenu à la démocratie participative et au développement. L’Article 2 de la Loi 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin est clair sur les enjeux de la décentralisation : « La commune constitue le cadre institutionnel pour l’exercice de la démocratie à la base. Elle est l’expression de la décentralisation et le lieu privilégié de la participation des citoyens à la gestion des affaires publiques locales », d’où le premier enjeu de la décentralisation qu’est la démocratie locale. Lorsque nous évoluons dans cette même loi, nous observons dans le Chapitre 3 : des compétences de la commune que la Section 1 🙂 Du développement local, de l’aménagement, de l’habitat et de l’urbanisme) est consacrée au développement local. D’où le deuxième enjeu de la décentralisation.

La décentralisation réelle permet donc de mettre en place une dynamique d’acteurs envisageant l’avenir de leur territoire ensemble ; cela en perspective avec d’autres niveaux d’administration et d’autres échelons politiques de la nation. C’est une vision du local dans le global, la contribution d’un territoire donné au mouvement général du développement de toute la nation, sur les plans économique, social, culturel, sportif et politique. C’est l’essence même de la démocratie qui doit impacter toutes les sphères de la société et non se li- miter à des élections et des libertés publiques mal assurées. C’est dans l’exposé des motifs du décret du 25 mars 1852 qui renforce les pouvoirs des préfets en France qu’on trouve cette phrase qui montre bien la nécessité de partager les compétences et les ressources entre le pouvoir central et les collectivités territoriales : «on peut gouverner de loin mais on n’administre que de près». L’éditorialiste dit aujourd’hui : «on peut gouverner de loin mais on ne développe que de près». Et c’est à ce niveau qu’intervient le principe de subsidiarité. La responsabilité d’une action, d’une politique publique doit être assumée par le niveau d’autorité publique le plus compétent, le plus proche. C’est donc, pour l’action publique, la recherche du niveau le plus pertinent, le plus proche et le plus contrôlé par les citoyens. Le niveau supérieur n’inter- vient que si le problème excède les capacités du niveau inférieur. Claude DJANKAKI, auteur de plusieurs ouvrages sur la décentralisation au Bénin dira que le principe de subsidiarité suppose que les solutions à un problème sont conçues et mises en œuvre là où le problème se pose.

De façon empirique, Mme Luísa Dias Diogo, première femme Premier Ministre du Mozambique exprime la conviction sui- vante, disponible sur la page d’accueil du Fonds des Nations Unies pour l’Equipement : «notre expérience de la décentrali- sation nous a ouvert de nouvelles perspectives pour traiter le problème de la pauvreté. Nous avons pu constater que les ef- forts de développement sont plus efficaces s’ils sont planifiés et réalisés en partenariat avec les communautés locales.» Koffi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, ne dira pas le contraire :»comment pouvons-nous espérer attein- dre les objectifs de développement sans accomplir de pro- grès dans des domaines comme l’éducation, la lutte contre la faim, la santé, l’accès à l’eau, les conditions sanitaires et l’égalité des genres? Les villes et les gouvernements locaux ont un rôle crucial à jouer dans tous ces domaines. Si nos Objectifs sont mondiaux, c’est au niveau local qu’ils peuvent être le plus efficaces».

Alors que souffle un vent doux et suave de réconciliation entre le gouvernement et les collectivités locales, alors que le Bénin célèbre 15 ans de décentralisation, l’homme qui in- carne l’Etat peut recevoir, pour la première fois depuis 2 ans l’ensemble des maires au Palais de la République. Un tel geste sera un bon nouveau départ pour la République.

Le Municipal


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