Le rôle des établissements d’enseignement supérieur et de recherche de l’espace francophone dans la promotion de la ville durable et l’évolution des mobilités urbaines sont au centre d’un colloque international ouvert lundi à Dakar. L’urbanisation galopante s’accompagne de ‘’défis nombreux et divers’’ à l’image de la diversité urbaine elle-même, a souligné Cheikh Oumar Anne, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

‘’Aujourd’hui, bon nombre de pays africains ont pris des mesures sur les enjeux liés à ce problème’’ a-t-il ajouté.

Selon lui, ‘’le gouvernement du Sénégal s’est engagé à relever les défis du développement territorial par la promotion des transports, de diverses initiatives d’aménagement et délocalisation’’.

Le but est d’atteindre ‘’les objectifs du développement durable’’, a dit le ministre, mettant en exergue ‘’la mobilité urbaine vers les territoires à fort potentiel économique’’.

Aliou Sall, président l’Association des maires du Sénégal (AMS), maire de la ville de Guédiawaye a relevé que ‘’l’urbanisation est particulièrement problématique au Sénégal’’. ‘’La croissance urbaine est plus visible et plus impressionnante dans les pays du sud où elle inquiète par son caractère massif (…)’’, a-t-il dit.

Des villes jadis concentrées sur une dizaine de kilomètres carrées s’étalent maintenant sur des centaines de kilomètres carrées, selon M. Sall, soulignant que cela est à l’origine des ‘’problèmes de transport et d’assainissement’’.

Les villes africaines ‘’sont confrontées aux problèmes de mobilité urbaine, au déficit d’infrastructures’’, a relevé de son côté le maire de Dakar Soham El Wardini, promettant d’apporter ‘’toutes les solutions nécessaires’’ à ces problèmes. Pour Mme Wardini, le rôle de l’université est d’apporter un éclairage sur les politiques publiques.

Les nouveaux défis de l’urbanisation galopante

Selon les dernières données de la Banque Mondiale, 55 % de la population mondiale vit actuellement dans les zones urbaines. D’ici 2045, le nombre de citadins devrait être multiplié par 1,5 pour atteindre six milliards, soit deux milliards de plus qu’aujourd’hui.

​Cette urbanisation galopante, inédite dans l’histoire tant par son ampleur que par son effet sur l’ensemble de la planète, s’accompagne de défis nombreux et divers, à l’image de la diversité urbaine elle-même.

Les pays qui ont déjà une longue histoire de l’urbanisation, généralement situés au « Nord », et où la croissance urbaine est mieux maitrisée, devront faire face à des défis nouveaux comme le vieillissement des populations, le recours à des sources d’énergie moins carbonée et, plus largement, des questions relatives au métabolisme urbain. Dans les économies émergentes, l’offre de biens et de services, y compris dans les services publics comme l’éducation, la santé et les transports, reste trop souvent inégale voire inexistante, alors que les besoins évoluent et augmentent.

Plus généralement, cette urbanisation accrue ne parvient pas à réduire les risques d’inégalités observés dans toute la planète. Les écarts subsistent et même s’accentuent entre pays riches et pays les plus pauvres ; au sein de chaque pays, les déséquilibres se renforcent également entre villes riches et villes pauvres ; enfin, au sein même des villes, le même constat peut se faire selon que les catégories d’habitants en question sont riches ou pauvres.

​Dans la plupart des villes francophones « du Sud », le développement de nouvelles infrastructures n’arrive pas à suivre le rythme de la croissance démographique et urbaine, si bien qu’une majorité des habitants (60%) vit dans des bidonvilles (Rapport ONU, 2018) et que la congestion atteint des niveaux déjà très préoccupants dans les principaux centres urbains. Cette croissance urbaine entraine inévitablement une forte augmentation de la demande de mobilité qu’il faudrait pouvoir anticiper afin de planifier des systèmes de déplacement portant sur une offre différenciée.

​Cette demande de mobilité est notamment exprimée par la population estudiantine qui, faute de logements en nombre suffisant à proximité de l’Université, génère une demande et des flux importants de mobilité. Or dans de nombreux contextes urbains, les universités sont « des villes dans la ville ». Accueillant des dizaines de milliers d’étudiants sur le même campus urbain, (90 000 étudiants à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et même plus de 100 000 à l’Université d’Antananarivo), elles constituent un pôle essentiel dans la dynamisation et l‘équilibre d’une métropole. Mais faute de politiques urbaines adéquates, la concentration du potentiel universitaire dans les villes de nombreux pays peut constituer une contrainte pour concevoir et construire la ville « durable ».

Penser et fabriquer des villes durables oblige en effet à réussir une transition écologique, qui doit porter sur toutes les fonctions de la ville depuis l’habitat jusqu’aux modes de transports et aux modes de production et de distribution des biens et des services. Mais il faut aussi tirer parti des nouveaux modèles urbains et sociétaux. La révolution numérique change peu à peu la façon de planifier la ville mais aussi d’y habiter et de s’y déplacer. La revendication de nouvelles gouvernances notamment portée par les populations traduit leur souhait d’être mieux associés aux décisions qui les concernent.


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