La Plateforme nationale de Planification locale du Sénégal vient de mettre à la disposition des Collectivités territoriales, de nouveaux outils qui s’intégrent harmonieusement dans les processus de planification locale. C’est un travail de coproduction qui a duré deux ans. Différents acteurs ont conjugué leur effort. L’Etat, à travers une collaboration des ministères des collectivités territoriales et celui de l’économie, de la coopération et du plan, de la société civile et des partenaires technique et financier,a permis d’obtenir ce résultat. La validation politique des différents outils,prévue ce matin, va permettre aux collectivités territoriales, d’avoir de meilleures opportunités de lutte contre la pauvreté.

Il s’agit de treize (13) outils touchant les dimensions relatives au changement climatique, au genre, à la nutrition et à la migration couplés à 13 fiches pédagogiques ainsi qu’un référentiel de communication qui seront validés au plan politique par les acteurs institutionnels et territoriaux. Cette activité constitue une première au niveau des collectivités territoriales. Certes, des documents de planification ont toujours été élaborés, mais les dimensions précitées n’ont pas souvent été correctement prises en compte dans les politiques locales. En lien avec les Objectifs de développement durable, ces différents plans doivent être revus pour une meilleure intégration des dimensions transversales. Par exemple, concernant le changement climatique, dans leurs formats actuels, les processus budgétaires et l’élaboration des plans locaux de développement ne permettent pas d’intégrer suffisamment la dimension “changement climatique”.

C’est le même constat avec le genre, en dépit des acquis obtenus, il est noté que l’égalité des femmes et des hommes dans la vie quotidienne n’est pas encore une réalité dans tous les domaines.  Les femmes et les hommes ne jouissent pas encore des mêmes droits dans la pratique marquée par des déséquilibres de genre, notamment dans l’accès aux ressources et services sociaux de base.

Relativement à la nutrition, nonobstant les multiples efforts notés depuis quelques années, et d’importants acquis permettant au Sénégal d’afficher des taux de malnutrition parmi les plus bas en Afrique Subsaharienne, des réels défis subsistent encore. Parmi ceux-ci, le renforcement de la contractualisation avec les collectivités territoriales et de la responsabilisation des communautés pour un meilleur portage des questions de nutrition constitue un axe d’un réel enjeu.

Au plan de la migration, ce sont les autorités locales et régionales qui se retrouvent en première ligne pour gérer les impacts, à la fois positifs et négatifs, de la migration. Si une réponse nationale reste cruciale et nécessaire, elle doit s’aligner sur les réalités locales puisque des inégalités, un des facteurs identifiés de la migration, persistent non seulement entre différents pays mais aussi à l’intérieur des pays, exigeant par la même occasion une approche intégrale et ascendante depuis le niveau local.

Malgré l’avènement d’un guide harmonisé de planification locale, élaboré en 2011 puis actualisé en 2016, piloté par la plateforme nationale de la planification locale, il est aisé de constater que les thématiques transversales développées par les acteurs du développement territorial sont insuffisamment intégrées dans ce vaste processus. Certes, avec ce guide, les horizons temporels, les calendriers, les coûts de réalisation des plans et leurs contenus s’harmonisent de plus en plus, mais la multiplication, la non précision des outils, ainsi que leur faible appropriation par les acteurs restent encore des défis à prendre en charge.

Dans la perspective d’une bonification des documents de planification, la plateforme nationale de planification constituée de la DADL, du PNDL, de la Direction de la Planification et de la Cellule d’Appui aux Elus locaux élargie aux partenaires (ONU Femmes, Unité genre du Ministère des collectivités territoriales, du Développement et de l’Aménagement des territoires, l’IED Afrique, FAO, Cellule de lutte contre la malnutrition, OIM, USAID/GOLD) a entamé un travail en profondeur, avec l’organisation de plusieurs rencontres, pour stabiliser des outils de planification, de renforcement des capacités et de communicationsur les quatre dimensions transversales identifiées (genre, migration, nutrition et changement climatique).

Un test de l’intégration des outils stabilisés dans les processus de planification a été mené dans les communes de Sinthian Coundara (région de Kolda), de Darou Mousty (région de Louga), de Gamadji Saré et Mery (région de Saint- Louis), de Maka Yop et Dianké Souf (région de Kaffrine) et de Ndiob (région de Fatick).

Au regard des résultats conluants de cette phase test et dans la perspective d’un passage à l’échelle, les animateurs de la plateforme nationale de planification élargie comptent organiser un atelier national de validation des outils d’intégration des dimensions transversales dans le guide  de planification du développement territorial avec l’ensemble des catégories d’acteurs de la décentralisation et du développement territorial. 


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