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L’érection de Keur Massar en département présente bien des avantages pour les populations, avec surtout le développement de l’économie locale et la présence des services de l’État. C’est ce qu’explique le Directeur général de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (Anat), Mamadou Djigo, dans cet entretien.

La départementalisation de Keur Massar obéit-elle à des raisons techniques sur le plan de l’aménagement du territoire ?

Le Président de la République, Macky Sall, connaît les enjeux liés aux dynamiques démographiques qui entraînent les dynamiques spatiales. Quand la population augmente, forcément les villes s’agrandissent. C’est ce que nous avons noté à Keur Massar. Faisant partie de l’hinterland de Dakar, Keur Massar a eu un accroissement démographique exponentiel. Le Président s’en est rendu compte lors des dernières inondations qui ont entraîné quelques dégâts matériels. Après sa visite, il avait constaté qu’il fallait que l’État soit présent. Pour cela, il a demandé à ce que Keur Massar soit érigé en département, compte tenu de sa population et de l’occupation spatiale. Des populations sont allées habiter dans des zones inondables non constructibles. Il y a le marigot de Mbao qui traverse tout ce territoire et qui est un déversoir des eaux de pluie, de ruissellement et autres. Quand l’État n’est pas présent, les populations vont habiter n’importe où et n’importe comment. C’est la raison pour laquelle le Président Macky Sall, dans le cadre de la lutte contre les inondations dans cet espace, proposant le Progep 2 (Projet de gestion des eaux pluviales), a demandé à ce qu’il y ait plus d’État et mieux d’État. Quand il y a ces deux éléments, plus la décentralisation, le territoire est bien géré. Keur Massar, nouveau département, va avoir un nouveau préfet qui s’occupera de façon intelligente, raisonnable et subsidiaire de la gestion de tous ces phénomènes que sont les inondations, l’insécurité, le chômage des jeunes et aussi l’organisation, la gestion et l’occupation de l’espace à Keur Massar et environs. Keur Massar a les mêmes populations que Yeumbeul, Malika et Jaaxay. C’est pourquoi on a jugé, dans une cohérence territoriale, d’associer dans une même entité territoriale le département de Keur Massar.

Comment expliquez-vous le fait que Keur Massar, une localité périurbaine et même semi-rurale, soit devenue une ville dans la ville, s’imposant sur les plans démographique et économique ?

Quand la population augmente, l’espace est aussi occupé. C’est ce qui a entraîné cette urbanisation galopante et non contrôlée. Cela est aussi à l’origine de cette urbanisation rapide. L’accroissement démographique augmente ce que nous appelons les dynamiques spatiales. Aussi, il n’y avait pas de schémas bien tracés pour occuper certaines zones, même si nous l’avons fait dans le cadre du schéma Dakar-Thiès- Mbour, en allant jusqu’aux détails. C’est ce qui a entraîné, aujourd’hui, ces installations humaines. Mais Keur Massar mérite d’être érigé en département compte tenu de sa population, des enjeux liés à la sécurité, à l’économie et à l’environnement.

Comment cette départementalisation peut-elle aider sur le plan économique ?

Le département est aujourd’hui une collectivité territoriale depuis l’Acte 3 de la décentralisation. Ce qui va entraîner une sorte de modernisation des systèmes productifs parce qu’il y aura les mairies qui vont jouer leur rôle. En tant qu’entité fédératrice, le département va rapprocher la population des services et compétences transférées. De façon générale, les neuf domaines de compétences dévolues aux collectivités territoriales que l’État a transférées, il y aura forcément un rapprochement avec les populations, notamment sur le plan économique. Ensuite, le Président Macky Sall a demandé, dans le cadre du Plan national d’aménagement et de développement territorial, qu’on ait des centres de formation dans chaque département. Cela aussi est un enjeu crucial.

Qu’est-ce qu’il faut faire pour qu’à l’avenir, une pareille situation d’urbanisation non contrôlée ne se reproduise ?

Nous sommes aujourd’hui 17 millions de personnes et, en 2035, nous serons à peu près 25 ou 26 millions. C’est la raison pour laquelle, nous avons prévu, dans le cadre du Plan national d’aménagement et de développement territorial, un certain nombre d’outils de planification qui vont nous aider, notamment les schémas communaux chargés d’identifier, de façon ponctuelle, locale et localisée, tout ce qu’il faut faire et où aller d’ici 2035. De ce fait, les zones inondables non constructibles ne seront plus occupées, les ressources seront valorisées et exploitées à bon escient, le foncier pour les futures infrastructures sera sécurisé et protégé.

Le Soleil

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