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Selon le Groupe de la Banque Africaine de Développement, les indicateurs de développement de l’Afrique, avant la pandémie Covid-19, font état d’une croissance économique de 3,4 % en 2019 et devrait s’accélérer à 3,9 % en 2020 et 4,1 % en 2021. Mais le même rapport Perspectives économiques de l’Afrique 2020 (PEA) montre que « la croissance n’a pas été inclusive. À peine un tiers des pays africains ont réalisé une croissance inclusive, en réduisant à la fois la pauvreté et l’inégalité ». Cette situation est due au fait que les réformes économiques dans la plupart de nos pays n’ont pas d’ancrage dans les collectivités territoriales qui ont pourtant la responsabilité de produire la richesse locale, de promouvoir l’économie locale pour une croissance inclusive.

Pourquoi l’équivalent d’un Plan Marshall pour les collectivités territoriales d’Afrique ?

Les collectivités territoriales ont besoin, en Afrique d’un investissement massif pour dynamiser les bases de leur économie, se doter des infrastructures économiques et marchandes et des équipements sociocommunautaires de base en lien avec les services sociaux de base. Peu importe le nom qu’il conviendra de donner à ce Plan. On pourrait l’appeler Plan MBASSI en homme à un digne fils d’Afrique qui consacre chaque jour que DIEU lui donne au service des collectivités locales d’Afrique. Ces collectivités territoriales ont besoin de ressources pour réaliser les Objectifs de Développement Durable. Mais une fois les investissements réaliser, les différents territoires d’un pays vont devenir attractif et complémentaires. Ce qui donne la durabilité et l’inclusivité à la croissance. C’est donc un appel aux partenaires et aux investisseurs internationaux pour diriger, directement vers les collectivités territoriales des ressources d’investissement sur une période de 10 ans. Le bilan de ce programme devra dépasser celui de tous les programmes en cours ou passé sur le continent. En tout, le plan Marshall a mobilisé 13 milliards de dollars entre 1947 et 1951. En prenant en compte l’inflation du dollar depuis 1947, le Plan Marshall correspond de nos jours à environ 145 milliards de dollars (130 milliards d’euros). Cette aide économique a été apportée par un seul pays. Aujourd’hui, les collectivités territoriales d’Afrique, cautionnées par les Etats peuvent s’adresser à plusieurs partenaires nationaux et multilatéraux pour mettre en place ce financement. En Afrique de l’Ouest, dans le cadre du Conseil des Collectivités Territoriales de l’UEMOA, une estimation officieuse des Schémas d’Aménagement Transfrontalier Intégré (SATI) comme instrument de gestion des espaces transfrontaliers en articulation avec le Schéma de Développement de l’Espace Régional (SDER) tutoient les 4 milliards de dollars sur plusieurs années. On peut estimer à 20 milliards de dollars sur 10 ans pour les collectivités territoriales avec une priorité d’investissement dans l’économie locale et les ODD.

Le cas des investissements bonifiés au niveau local au Bénin

Lorsque nous prenons le cas du Bénin, le fonds d’investissement qui impacte le plus toutes les localités du pays à travers les 77 communes est le Fonds d’Appui au Développement des Communes. Le FADEC est le meilleur outil de redistribution des fruits de la croissance au Bénin. Il faut mieux qu’une augmentation de salaire qui n’impacte que les fonctionnaires de l’Etat. Le FADEC est un mécanisme de transfert des ressources financières de l’Etat vers les collectivités territoriales qui est abondé par les Partenaires Techniques et Financiers du Bénin, notamment, l’Union européenne, la Coopération Allemande, la Coopération suisse, les Pays Bas… Le montant du transfert financier de l’État vers les communes en 2018 s’élève à plus de 42 milliards de francs CFA pour une réalisation des recettes budgétaires nettes des fonds de concours et recettes assimilées estimée à un peu plus de 1000 milliards de francs CFA la même année. Un taux de transfert réel de 4,12 % des recettes budgétaires nettes de l’État vers les collectivités locales. Malgré la faiblesse de ce transfert, il a permis aux 77 communes du Bénin, de réaliser des investissements (construction d’infrastructures économiques et marchandes, réalisation d’équipements sociocommunautaires, aménagement des zones rurales et des villes…) et d’assurer les dépenses courantes de fonctionnement pour certaines d’entre elles. Ainsi des entreprises locales arrivent à tourner en créant de l’emplois et en relevant le niveau de consommation. Cette croissance, si elle est maintenue et renforcée constitue les véritables socles aux réformes et aux investissements de l’Etat. C’est le cas de la Suisse et de l’Allemagne qui sont des références mondiales de développement équilibré et harmonieux d’un pays.

Les réticences des Etats à transférer les ressources aux communes retardent le développement équilibré et harmonieux de l’Afrique.

Dans certains pays, avant même de parler de transfert de ressources subséquentes aux compétences transférées aux collectivités territoriales, il faut se battre pour l’autonomie locale. Les réformes de l’administration territoriales dont naissent la décentralisation battent de l’aile et l’autonomie locale est souvent remise en cause. Globalement, la décentralisation résiste et progresse en Afrique. Ce qui permet de faire des collectivités locales, les portes d’entrée des politiques de développement mais également des investissements économiques pour atteindre une croissance inclusive en Afrique. Miser sur les collectivités territoriales c’est avoir l’assurance d’atteindre les populations à la base.

Actuellement, dans les pays francophones d’Afrique, la moyenne du taux de transfert des ressources de l’Etat vers les collectivités territoriales est largement inférieure à 10% des recettes budgétaires de l’Etat. Il existe une telle dynamique locale en Afrique que l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest a dû créer le Conseil des Collectivités Territoriale. L’Union Africaine quant à elle, grâce au travail fédérateur de Cités et Gouvernements Locaux Unis section Afrique que dirige brillamment Jean Pierre Elong Mbassi, célère tous les mois d’août la décentralisation et le développement local sur le continent.

Le contexte favorable de l’Agenda 2030

Tous les acteurs s’accordent à reconnaitre, tel que mentionné dans le Rapport du Comité des Régions de l’Union Européenne, intitulé « Une approche territoriale pour la mise en œuvre des ODD dans l’UE – Le rôle du Comité européen des régions », que « 65% des 169 Objectifs de Développement Durable (ODD) ne peuvent être atteints que par la coordination et l’inclusion des acteurs locaux et régionaux ». 65% des ODD relèvent donc de la compétence des collectivités locales. Pour que l’Agenda 2030 qui prévoit des mécanismes de partenariat et de financement soit source de croissance inclusive en Afrique, il est important d’accroitre l’implication des collectivités locales à travers l’équivalent d’un Plan Marshall que CGLU Afrique pourra coordonner avec la BAD et les banques régionales comme la BOAD en Afrique de l’Ouest.

lemondelocal.com

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