Urbanistes Sans Frontières est une ONG, fondée en 2004 à Paris. L’objectif principal d’USF est d’agir à l’échelle internationale pour le développement durable des villes et des territoires. Dans cet entretien, Dr Maggie CAZAL, Présidente fondatrice de cette organisation revient sur les différentes interventions de l’USF …

C’EST QUOI URBANISTES SANS FRONTIERES ET QUELLES SONT SES MISSIONS EN AFRIQUE ?

Urbaniste Sans Frontière (USF) est une ONG créée en 2004. Son siège est à Paris, néanmoins ses adhérents sont à l’échelle internationale. Nous avons plus de 10.000 adhérents dont 5.000 en Afrique. Tous sont des bénévoles qui agissent au quotidien pour le bien être de leur ville,de leur pays. Cela veut dire que nous sommes composés comme un mouvement social. Nos adhérents dans les pays non membres de l’OCDE, notamment en Afrique,sont exonérés de cotisation. Cela veut dire, en fait, que l’adhésion est très facile sauf que nous demandons des CV pour justifier la capacité des personnes à pouvoir contribuer dans nos projets. Mais, on peut avoir des adhérents qui ne sont pas professionnels. J’explique tout cela parce que notre but essentiel est d’avoir une opérationnalité dans nos démarches : notre OBJECTIF MAJEUR EST LE DÉVELOPPEMENT DURABLE DES VILLES ET DES TERRITOIRES DES NOTRE CRÉATION.

On considère que l’Afrique va être le continent le plus important pour y intervenir parce qu’il est déjà victime du changement climatique sans en être vraiment le porteur des causes. En plus, l’Afrique va être le plus grand continent de notre planète d’ici la fin de ce siècle et dans 70 ans, nous allons avoir les cinq plus grandes villes du monde en Afrique. Cela veut dire que nous faisons face à des défis majeurs de changements climatiques et de croissance démographique et urbaine. La croissance démographique signifie dynamisme dans le pays. En revanche, avec une croissance démographique très forte, l’urbanisation est accélérée ainsi que l’exode rural dont la conséquence majeure est l’accroissement de la pauvreté dans les territoires ruraux et dans certaines poches des villes avec la multiplication de l’urbanisme informel et des bidonvilles. Dans ce contexte, USF agit en amont dans la planification stratégique avec une vision globale et non pas simplement sectorielle pour pouvoir agir à l’échelle territoriale, à l’échelle d’un pays et à l’échelle de grande région continentale afin de faire émerger des innovations à la fois dans l’approche et dans les politiques publiques. C’est la raison pour laquelle l’une des questions qui nous touche le plus c’est la décentralisation. Nous considérons que les enjeux liés aux changements climatiques ne peuvent pas être traités uniquement par les instances nationales car les solutions sont au niveau territorial avec les acteurs locaux.

QUELS SONT LES PROGRAMMES QUE VOUS DÉROULEZ EN AFRIQUE, PARTICULIÈREMENT AU SÉNÉGAL ?

Nous avons mis en place un programme qui s’appelle « Afrique Villes Durables ». Dans ce programme, nous souhaitons réaliser, dans le court terme, cinq projets pilotes,c’est-à-dire un projet pilote dans chaque région africaine, en fonction du découpage de l’ONU. Nous étudions également dans chaque pays africain une possibilité de localiser les ODD (Objectifs de Développement Durable). Cela veut dire que nous allons avoir une vision globale sur l’ensemble de l’Afrique avec ses diversités. Et c’est là qu’on va avoir une démarche collective et pour faire cela on entre dans les détails pour les projets pilotes. Nous avons créé,dans le cadre de ce programme « Afrique Villes Durables », six groupes de travail thématiques réunissant 60 experts qui travaillent de manière collaborative.

Dans cette démarche, nous appliquons la localisation opérationnelle des ODD pour les projets urbains. Notre premier projet pilote se trouve à Pikine, dans la banlieue dakaroise. Nous avons commencé ce travail depuis le mois de Mai dernier, mais le concept a été mis en place depuis l’automne de l’année dernière. Nous avons pris contact avec les acteurs concernés, les élus, les associations et les institutions locales.Avec l’ensemble de ces partenaires, nous avons développé la méthodologie de notre intervention. Le projet de Pikine a quatre phases et là nous venons de finaliser la deuxième phase et on va entamer la troisième phase à partir de décembre.

L’objectif de notre projet c’est de ne pas faire une intervention sectorielle ou dans un quartier composé uniquement d’habitation. Il faut que le programme du projet urbain soit complet avec des équipements, des habitations, des espaces verts, d’agriculture urbaine, …et avec une approche locale, régionale et globale. Par rapport à cette idée, pour Pikine, nous avons travaillé sur quatre sites en collaboration avec les élus sur la base de démarches participatives avec les habitants et tous les acteurs.Suivant les enjeux spécifiques et la priorisation des ODD par quartier, les élus ont choisi, pour le projet urbain pilote, un site qui s’appelle« Dominique » et qui se trouve à cheval entre deux communes :Pikine Nord et Pikine Ouest. Ce qui est intéressant avec cette démarche, non seulement on a réalisé une programmation exemplaire pour le projet pilote en termes urbanistiques, de solutions innovantes et écologiques, de plus, en termes administratives on a créé une intercommunalité entre deux collectivités territoriales qui, de surcroit, ne sont pas du même parti politique.

AU SOMMET AFRICITES, VOUS AVEZ ORGANISE UNE SESSION SUR « AFRIQUE VILLES DURABLES » ET RÉCEMMENT VOUS AVEZ LANCE LA COALITION INTERNATIONALE POUR LA VILLE ET LES TERRITOIRES DURABLES. QUELS SONT LES OBJECTIFS VISES ET QUELLES SONT LES PREMIÈRES ACTIONS QUE VOUS ALLEZ MENER !

A Africités, nous avons tenu une session sur « Afrique Villes Durables, localisation des ODD et présentation  du premier projet pilote » avec la participation des élus de Pikine. Notre session a été présidée par le Maire de Pikine Nord. Se fondant sur l’exemple de Pikine et avec l’ensemble des participants comprenant des acteurs de plusieurs pays africains, nous avons collectivement finalisé, à l’attention de CGLU Afrique, une déclaration et des recommandations générales à l’échelle de l’Afrique.

Juste avant de venir à Africités, le 31 octobre qui était la journée internationale des villes ;nous avons mis en place une coalition internationale pour la ville et les territoires durables (CIVTED). Il y a aussi son acronyme en anglais (ICOSCAT). Pour cette initiative internationale, nous avons voulu s’appuyer aussi sur la francophonie et de ne pas faire tout en anglais, c’est pourquoi la coalition est connu sous son double nom ICOSCAT_CIVTED. Nous avons réuni dans cette coalition cinq entités :les ONG, les universités et centres de recherches, les élus avec les collectivités locales, les associations professionnelles et les entreprises. Certains membres de cette coalition ont participé avec nous dans cette démarche de proposition de recommandations pour Africités. Le projet de Pikine a encouragé beaucoup d’autres partenaires et membres de la coalition qui se disent que là on voit concrètement des choses émerger ; on voit un projet réel avec des idées innovantes en termes technologiques pour le traitement et la transformation des déchets, pour les énergies renouvelables en plus de l’innovation en termes de financement des projets.

Tout ce que notre ONG Urbanistes Sans Frontières propose (approches, idées, projets) semble être attractif et nos propositions semblent fédérer les acteurs. De ce fait, nous sommes fiers d’avoir initié et créé cette coalition dont les membres agiront ensemble pour la mise en oeuvre de notre programme « Afrique Villes Durables ».


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