L’impact économique du commerce illicite des ressources naturelles est énorme pour l’Afrique. Cette activité induit des pertes directes de revenus, d’opportunités, selon Almani Dampha, agent principal des politiques forestières de l’Union africaine. « Les pertes pour l’ensemble de l’économie sont estimées à 120 milliards de dollars américains par an. En plus, on dénombre 24 millions d’emplois perdus, soit environ 6 % du total des emplois en Afrique », s’est alarmé Almani Dampha. A l’inverse, si les pays africains s’investissement dans la restauration, la conservation des écosystèmes forestiers, la préservation de la faune, les experts tablent sur la création de millions d’emplois par an. « En limitant les activités illicites dans les secteurs de la foresterie et de la faune sauvage, l’Afrique pourrait générer 25 millions d’emplois supplémentaires par an », a affirmé M. Dampha. Il intervenait à l’ouverture de la 21ème session de la Commission des forêts et de la faune sauvage pour l’Afrique qui se tient à Dakar depuis le 19 juin 2018. Cette rencontre internationale de cinq jours a pour thème : « Restaurer les forêts, les paysages et la faune sauvage : libérer les opportunités pour un développement durable en Afrique ».

Les intervenants ont vanté les fonctions écologiques des écosystèmes forestiers. En effet, les formations forestières fournissent des biens et des services aux populations et jouent un rôle majeur dans l’atténuation des effets du changement climatique… « La forêt nous fournit l’essentiel de l’énergie domestique : le bois de chauffe, le charbon de bois, le bois d’œuvre », a indiqué le ministre de l’Environnement et du Développement durable du Sénégal, Mame Thierno Dieng. C’est pour cela que la Banque mondiale va financer un programme régional de sauvegarde des forêts au Sénégal, en Guinée-Bissau et en Gambie. Mais, les actions de préservation doivent être menées aussi bien au niveau institutionnel que communautaire. En somme, la sauvegarde des forêts doit être l’affaire de tous. «Notre rôle, c’est d’alerter les décideurs et de sensibiliser les populations », a déclaré le ministre qui a déploré l’exploitation irrationnelle et illicite des ressources forestières. L’universitaire, en se fondant sur les arguments bien connus, a établi les liens de cause à effet entre la dégradation des habitats dans les forêts et la propagation des maladies. « Si on est aujourd’hui en bonne santé, c’est parce que nous avons respecté la forêt. Si nous la détruisons, beaucoup d’agents pathogènes vont nous envahir », a prévenu ce praticien de santé. Une autre spécialiste de la Fao a embouché la même trompette. Il s’agit de Nora Berrahmouni qui a soutenu que sans la forêt et la faune, il ne saurait avoir de développement durable, ni de sécurité alimentaire, ni de prospérité à l’échelle communautaire. Le discours du ministre ougandais de l’Eau et de l’Environnement Sam Cheptoris est aussi alarmiste. A juste raison. « Si l’environnement n’est pas bien protégé, nos pays seront transformés en désert », a averti Sam Cheptoris.


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