Le professeur Samir Amin, directeur du Forum du Tiers Monde, est décédé dimanche 12 août 2018 à Paris à l’âge de 87 ans. Une perte pour le monde de l’économie et les cercles progressistes du Nord et du Sud. «Un Baobab est tombé», écrit le professeur Saliou Sy de l’Ecole de Dakar en hommage à l’économiste franco-égyptien qui résidait au Sénégal depuis plus de 40 ans.

Professeur agrégé de sciences économiques, Samir Amin, né au Caire en 1931, a bouleversé le monde de l’économie du développement avec son immense livre intitulé: « Le développement inégal. Essai sur les formations sociales du capitalisme périphérique, Paris, Éd. de Minuit », paru en 1973 et analysant les modes de production tributaire à la périphérie et le mode de production capitaliste au centre.

Dans la vision de Samir Amin, la périphérie est bloquée dans son développement par le système de l’échange inégal. Pour sortir de ce cercle infernal, les économies de la périphérie doivent initier un processus de développement autocentré.

Si l’argentin Raul Prebsch, fondateur de l’école l’école du desarrollismo, a livré un diagnostic fondamental de l’évolution des produits de base et des produits manufacturés en temps de récession (les derniers cités augmentant plus vite), Samir Amin, lui, a ciselé la théorie du développement en se démarquant du marxisme -léninisme en vogue dans les années 70 et en puisant son raisonnement à partir de l’histoire.

La théorie du développement autocentré

La théorie du “loi du développement inégal » distingue deux grandes étapes de l’histoire, la phase pré-capitaliste et la phase capitaliste. Le développement du centre proviendrait historiquement de formes d’accumulation violentes (rapts, esclavage, colonisation, etc) puis, dans l’ère moderne, de progrés techniques et de rendements du capital. Le rattrapage du centre par la périphérie ne peut se faire qu’à travers la création d’autres centres.

Une expérience africaine

De 1957 à 1960, il a travaillé dans l’administration égyptienne du développement économique puis conseiller du gouvernement du Mali de 1960 à 1963 , avant d”être nommé professeur aux universités de Poitiers, Dakar et Vincennes. Il a été à partir de 1970, directeur de l’institut africain de développement économique et de planification de Dakar, puis à partir de juin 1980, directeur de recherches concernant les stratégies pour le futur de l’Afrique.

Par Adama DIOP


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