La communication est l’une des missions de service public de la collectivité et une obligation donnée par la loi. ‘’La Société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration’’ rappelle l’article XV de la Déclaration française des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789. Le principe de la communication des collectivités territoriales n’a pas d’autre fondement, qu’il se traduise par le droit de tout citoyen d’assister aux séances publiques ou par la publication d’un journal officiel informant des décisions prises et délibérés. ‘’Tout habitant ou contribuable a le droit de demander à ses frais communication, de prendre copie totale ou partielle des procès-verbaux du conseil départemental, du conseil municipal, des budgets et des comptes, des arrêtés…’’, stipule le code général des collectivités territoriales. Dès lors, la communication territoriale devient une pratique.

La complexité de la communication territoriale

Parce que la communication est une dimension stratégique de l’action publique, elle se situe à la frontière de l’administratif, du politique et de la politique. Sous tutelle de l’institution territoriale, incarnée par un maire et ses élus, la communication territoriale est souvent obstruée par celle politique parfois même phagocytée. Cette dualité latente ou manifeste dans certains risque d’être une barrière à l’image de la collectivité mais aussi une entropie dans sa communication car la communication territoriale s’adresse à tous (citoyens, habitants, contribuables, usagers des services publics), là où la communication politique s’adresse aux cibles à l’activité politique (militants, responsables politique). La dimension d’intérêt général de la première se démarque du caractère électoral et sélectif de la seconde par des objectifs, des dispositifs et des messages différents.

Cependant, les techniques de communication peuvent être les mêmes: l’approche marketing, par exemple, pour permettre à la collectivité de se considérer comme un produit et tenter d’être plus attractive, plus belle, plus placée dans l’échiquier territorial départemental, régional, national et international pour capter plus de bailleurs et décideurs au détriment des autres collectivités. Dans ce sillage de différenciation entre citoyen et militant, il est important aussi de différencier information et communication, comme on oppose journaliste et communicant. L’information (informare, mettre en forme) désigne les nouvelles (news), les données (data) ou le savoir (knowledge). Elle rend compte des faits. La communication (communicare, mettre en commun) fait référence à l’interaction entre les personnes et concerne la transmission des messages, de l’émission à la réception.

L’information municipale ne représente donc qu’une partie de la communication publique qui s’attache plus largement à créer du lien social, générer de l’adhésion, favoriser la participation. Et la communication par son interactivité doit rendre possible et réel ce lien social. C’est pourquoi la communication territoriale doit tracer son domaine de prédilection autrement dit définir ses missions :
mission citoyenne ; 
mission sociétale ; 
mission de promotion du territoire ;
mission d’animation du territoire ;
mission interne

De ce fait, les vecteurs ou émetteurs de la communication multiples mais officiels. Les premiers vecteurs de communication sont le maire, les élus et les agents municipaux. Ils portent une parole personnelle, qui peut être institutionnelle ou politique, et incarnent la collectivité. Car le rôle du responsable de la communication, du chargé de la communication ou du conseiller en communication, ce n’est de se mettre devant et parler du fait qu’il ou qu’elle n’est pas la personne élue par la population pour s’adresser à elle. Le professionnel de la communication doit se limiter voire être invisible dans l’action de communication car son rôle n’est pas d’exécuter l’action ou la porter, mais la créer. A noter que les agents eux-mêmes communiquent de manière individuelle, notamment lorsqu’ils sont sur le terrain, au contact de la population. Ils sont les premiers ambassadeurs de la collectivité. C’est pour cela qu’on dit souvent qu’en communication, l’externe commence par l’interne. C’est pourquoi il est judicieux et primordial de savoir et de segmenter la cible et donner à chaque entité institutionnelle (maire, élus et agents) sa cible.

La collectivité territoriale s’adresse prioritairement aux habitants qui ne constituent toutefois pas une cible homogène. Selon leurs activités ou leur âge, situation… Et quand celle-ci sort du territoire, elle change de nom et de forme et devient marketing territorial.

Lamine Sané, journaliste


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