Depuis mercredi, un document de l’Assemblée nationale malienne a fuité sur les réseaux sociaux. Il s’agit du projet de loi sur la décentralisation à l’étude en ce moment par le gouvernement. Il prévoit notamment de doubler le nombre de régions administratives.
Vingt régions. C’est ce que prévoit ce document de l’Assemblée nationale qui n’est pas signé. Pour l’heure, le Mali dispose de dix régions : Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ménaka, Taoudénit, Kidal, Gao, Tombouctou, Ségou et Mopti.

A celles-ci, s’ajouteront donc Bougouni, Dïoïla, Nioro, Koutiala, Gourma, Douentza, San, Bandiagara, Niala et Kita. Ces régions sont composées de cercles, qui deviennent des « collectivités territoriales de cercle », et qui prendront le nom de leur chef-lieu. Quant à Bamako, la capitale, il est prévu qu’elle soit divisée en dix communes urbaines. Le district de Bamako ayant toujours joui d’un statut particulier.

D’ores et déjà, cette ébauche de réforme fait grincer des dents. Il faut dire que l’enjeu est de taille. Prévue dans l’accord de paix de 2015, qui a mis un terme à la crise dans le Nord, la décentralisation est censée transférer des compétences comme la gestion de l’hydraulique, l’éducation ou la santé. Et surtout des ressources financières aux collectivités territoriales. Cette décentralisation devrait donc définir de nouvelles règles dans le jeu de pouvoir entre Etat central et régions.

Il y a déjà ceux qui parlent de découpage territorial sur mesure. Alassane Touré par exemple est un élu de Bamako. Dans une tribune intitulée « Chronique d’une désintégration annoncée et programmée », il est en colère : « Comment peut-on attribuer à trois régions désertiques du nord du Mali, 18 cercles ? Alors qu’elles ne valent pas 5% de la population. Au même moment, au Sud par exemple dans le lot découpage, 3 régions réunies qui comptent 20% de la population du Mali n’ont que 14 cercles », écrit l’élu.

D’autres ressortissants des localités du sud du Mali évoquent un découpage « favorisant les populations nomades et défavorisant les sédentaires ». Et les habitants du Nord dénoncent également le document : des Touaregs par exemple de la région de Tombouctou parlent d’ « arbitraire » alors que le Conseil supérieur des Touaregs de la tribu des Imrad marque son opposition au texte.

Avec Rfi


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