Un accompagnement français à la décentralisation et à la démocratie participative est réalisé exclusivement à Mahdia dans le cadre du partenariat privilégié sur divers axes de coopération, entamé il y a 25 ans entre cette ville tunisienne et le département français de Loire Atlantique.

Ce nouvel élan du partenariat tuniso-français intervient à l’issue de l’adoption du nouveau code des collectivités locales voté le 28 en avril 2018 et les élections municipales le 6 mai de la même année.

Mis en place en 2017, l’accord de coopération décentralisée entre Mahdia et la Loire Atlantique s’étale de 2018-2021.

Outre la démocratie participative, les axes de cette coopération sont orientés vers le soutien et la sensibilisation à l’autisme et l’échange des jeunes en service civique international.

Des actions sont en cours pour l’organisation de l’action municipale et améliorer leur méthode de gestion dans le cadre d’un échange bilatéral entre responsables municipaux avec l’appui du tissus associatif.

Le département de la Loire Atlantique a mobilisé les secrétaires généraux et les élus, pour des missions à Mahdia afin de témoigner de leurs expériences et aider à la construction de ce nouveau processus de décentralisation.

Carole Mercier Joyeux, adjointe au chef du service international du conseil départemental de Loire Atlantique, a évoqué dans un entretien avec l’agence TAP évoqué le fonctionnement de ce nouveau partenariat qui entre dans le cadre d’une coopération bilatérale lancée au début des années 90.

“C’est un projet soutenu par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères en France et par l’ambassade de France en Tunisie pour une large action jamais réalisée auparavant envers les élus et les secrétaires généraux”, a-t-elle précisé.

Tout un processus est organisé autour de 4 séances de formation. Pour la toute première séance destinée aux secrétaires généraux, des responsables du conseil départemental travaillant au service juridique, des ressources humaines ont fait le déplacement.

Une délégation française féminine est venue à Mahdia pour aider à la mise en place du concept de travail en collectivités décentralisées, entre les services administratifs, les élus et les habitants.

La secrétaire générale du conseil départemental de Loire Atlantique dit avoir “partagé avec les Tunisiens la relation du secrétaire général avec l’élu, notamment au niveau de la prise de décision et gestion”. Elle a parlé d’”un échange assez riche sur diverses questions qui préoccupent les secrétaires généraux tunisiens”.

Cette action devrait permettre d’identifier les enjeux et les défis auxquels les responsables municipaux et élus tunisiens font face.

Pour la partie française, le code électoral tunisien voté implique un tas de décrets d’application et textes juridiques pour instaurer une réelle décentralisation, “un processus qui a d’ailleurs pris du temps en France aussi”, selon Carole Mercier Joyeux.

Faisant le constat du travail municipal en Tunisie, elle a observé “deux réalités assez différentes avec des points communs”.

Au niveau de la relation administration-élus, la question se pose en Tunisie comme en France où la décentralisation date du début des années 80.

La différence constatée est aussi “dans le mode du scrutin en Tunisie qui implique que les élus de divers partis politiques sont amenés à travailler ensembles. En France, des étapes ont été parcourues ce qui a permis de créer des alliances entre élus pour une meilleure cohabitation”, a expliqué Carole Mercier Joyeux.

Début octobre verra le lancement d’une nouvelle formation à Mahdia. Des élus des communes françaises viendront parler et échanger leurs expériences avec les élus tunisiens sur le volet de la communication.

Une seconde étape est prévue à l’intention des secrétaires généraux et élus tunisiens sur la thématique de l’accompagnement au changement qui partiront en Loire atlantique pour découvrir le processus du travail des élus, des conseillers municipaux et maires dans les divers départements.

Parallèlement, des actions françaises au niveau administratif, il y a un grand rôle du tissu associatif dans le suivi et la sensibilisation sur le fonctionnement et la bonne gestion au niveau municipal.

Le président de l’association transparence à Mahdia, Mohamed Soussi, a évoqué “un créneau de démocratie participative qui vise à sensibiliser et divulguer ce large processus de décentralisation et jeter les bases d’une véritable démocratie locale”.

Pour la partie française, “l’idée n’est pas d’imposer un modèle français” mais plutôt de faire part des difficultés rencontrées et échanger les points de vue avec les secrétaires généraux et les élus tunisiens.


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