A travers cette communication, le maire de Ngoundiane est revenu sur l’apport du centre universitaire de Bambey au développement socio économique de sa commune. Cette communication a été présentée lors du colloque annuel de l’Agence universitaire francophone. Le rôle des établissements d’enseignement supérieur et de recherche de l’espace francophone dans la promotion de la ville durable et l’évolution des mobilités urbaines » était le thème de ce colloque tenu les 22 et 23 octobre 2019 à Dakar.

Ce mardi 22 octobre 2019, dans ce temple de l’Université Cheikh Anta DIOP, où j’ai un réel plaisir de retourner, et en ma qualité de Maire de la petite mais symbolique Commune de Ngoundiane, j’éprouve un réel sentiment de fierté d’apporter un témoignage sur la cohabitation Ville et Université à l’occasion de Colloque international de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).

L’enseignement universitaire sénégalais a connu un rapide développement en devenant une formation ouverte à tous. Considéré comme un service public universel auquel l’ensemble des jeunes ont droit,les établissements d’enseignement supérieur et de recherche de l’espace francophone jouent un rôle important dans la promotion de la ville car participant au développement durable et à l’évolution des mobilités urbaines.

En effet, après la création de l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar en 1957, celle de Saint-Louis en 1990, le Sénégal dans la période 2006-2007, décide de mettre à jour sa carte universitaire. Ainsi, trois universités publiques se créent (l’Université Polytechnique de Thiès et l’Université de Ziguinchor) de même que le Collège universitaire de Bambey (2009) qui a compter trois sites à Bambey, Diourbel et dans la Commune de  Ngoundiane.

Même si ces trois dernières universités ont souffert d’un manque d’infrastructures pédagogiques et sociales au départ du fait du contexte de leur création, leur impact dans le développementde ces régions respectives a été significatif. Ces lieux ont accueilli ces dernières années un nombre important de personnel (étudiants, professeur et agents travailleurs) ce qui n’est sans pas sans effet à l’urbanisation et à la promotion de ces villes à travers le développement de plusieurs activités économiques, sociales et politiques. Le Centre universitaire de Bambey qui se trouve dans la Commune de Ngoundiane participe non seulement à la promotion de la localité en termes de représentation symbolique mais aussi à l’essor d’un développement socio-économique à travers la création d’emplois même si bien insuffisante.

Toujours dans le rôle important que jouent les établissements d’enseignement supérieur et de recherche de l’espace francophone dans la promotion des villes, l’Université Virtuelle du Sénégal (UVS) constitue un exemple typique à travers la construction d’espaces numériques ouverts (ENO) déjà faite dans plusieurs départements du pays et qui est prévue pour tous les autres. Ce nouveau dispositif d’enseignement dans l’université sénégalaise qu’on peut qualifier de «départementalisation de l’enseignement supérieur » (compétence non transférée) n’a fait que promouvoir le développement de certaines collectivités territoriales et à l’occasion redynamiser la territorialisation des politiques publiques comme préconisé dans le plan Sénégal émergent (PSE).

L’Université et la Ville pour un Maire, c’est un élément structurant du territoire communal puisque c’est une infrastructure physique de l’espace urbain, et surtout un afflux de populations d’étudiants, de professeurs et d’employés divers

L’Université et la Ville, ce sont donc certes de nouvelles contraintes, des logements à fournir, un système de transport à mettre en place, des loisirs à organiser, un approvisionnement en biens et services à assurer, un dispositif correct de santé à mettre à disposition, des cycles inférieurs d’éducation à ouvrir à suffisance pour les enfants.

Mais l’Université et la Ville c’est aussi une chance et des opportunités au vu de la qualité des nouveaux habitants cultivés et ouverts, avec lesquels un dialogue fructueux peut et doit s’engager

L’Université  est également, en plus de sa vocation d’enseignement et de formation, un cadre de recherches et de réflexion et la ville qui l’abrite devrait être la première à en profiter

De ce point de vue l’université et la ville devrait être des institutions qui pourraient tisser un partenariat fécond dans la planification et la gestion urbaines, dans des expérimentations liées à l’aménagement du territoire, et dans la mise en œuvre d’innovations salutaires

L’Université et la Ville c’est  un défi pour assurer l’attractivité de l’une et de l’autre ou une labellisation bénéfique de l’une et de l’autre

Pour ce qui concerne la Commune de Ngoundiane dont je suis le Maire, c’est en pleine conscience de tous ces défis et de toutes ces opportunités que nous avons engagé avec l’annexe de l’université de Bambey installée sur notre territoire un partenariat enrichissant pour le devenir, le développement et la durabilité de notre collectivité en comptant sur le concours la disponibilité et l’accompagnement de tous.Ce Centre a fortement accéléré le taux d’urbanisation de notre Commune grâce aux besoins sans cesse croissant en logement pour le personnel administratif, certains professeurs et surtout les étudiants dont une bonne partie na pas la chance d’obtenir un logement dans le Campus université malgré les nombreux efforts du gouvernement pour augmenter de façon constante le nombre de lits dans les campus sociaux. Par conséquent la promotion immobilière jadis inconnue dans notre zone est devenue une véritable activité commerciale pour certaines personnes qui y investissent.

La mitoyenneté du Centre univers aire de Ngoundiane avec le siège de la Mairie facilite la parfaite collaboration entre nos institutions. Beaucoup de commodités (eau, connexion internet, véhicules de vidanges de fosses septiques, salles de réunion,…) sont utilisés par l’une ou l’autre en ca s de besoin.

Le Sénégal doit continuer cette lutte et, l’Etat à travers ses démembrements doit se donner les moyens d’accompagnement pour qu’un jour on arrive à parler de la « Communalisation de l’enseignement supérieur au Sénégal ». Même si ce concept n’est pas encore à la mode, aujourd’hui, la quasi-totalité des municipalités prennent en charge en fonction de leur moyen une partie du financement des études de leurs bacheliers. En effet, combien de communes ont loué des appartements à Dakar ou dans d’autres régions pour loger des étudiants et parfois même les nourrir. Des Maires ont assuré et assumé cet engagement depuis leur élection. Je prends l’exemple de la Commune de Ngoundiane où en 2009 quand on arrivé à la tête du conseil rural, il n’y avait pas encore de subvention pour les étudiants.

 En 2009 à notre première année d’accession à la magistrature de notre Commune, nous leur avons accordé une subvention de 500 000F cfa. Cette année, l’Amicale des Etudiants de Ngoundiane a reçu 10 000 000Fcfa sans compter d’autres aides, soutiens et assistances sociales. Aujourd’hui l’amicale a trois appartements dont deux à Dakar et un à Thiès des chambres à Kaolack, Ziguinchor et Saint Louis. Tout cela, nous le faisons pour mettre nos étudiants dans de meilleures conditions d’études.

Cependant,  il urge de nos jours de faire de l’étudiant un acteur de sa formation puisse que l’Etat et les Collectivités territoriales ne peuvent pas seuls assurer le financement de l’enseignement supérieur. La nécessité du service à la communauté est une politique importante qui répond au principe de la responsabilité sociétale que les acteurs de l’université doivent encore assumer pour une meilleure collaboration entre université et ville.

L’entreprenariat, le développement personnel, la protection de l’environnement, le développement durable, la citoyenneté, le projet personnel de l’étudiant sont des projets majeurs qu’on doit cultiver au sein des universités et à ce niveau l’AUF est encore plus que jamais sollicitée.

Aujourd’hui, l’entrepreneuriat est de plus en plus considéré comme un important vecteur de croissance, et cela s’explique notamment par son incidence sur l’insertion professionnelle des jeunes et la création d’emplois. Parmi les nombreuses institutions interpellées sur cette question de l’entrepreneuriat, figure en bonne place les établissements d’enseignement supérieur du fait de leur rôle central dans la formation des ressources humaines et dans la transmission des valeurs. Mais pour prendre effectivement en charge sa vocation entrepreneuriale et de développement des villes, les établissements d’enseignement supérieur se doivent d’accompagner et même d’initier des projets de création d’entreprise pour les étudiants. Pour ce faire, des actions de différentes natures doivent être combinées: d’abord, des conseils pour faciliter le développement des projets et l’accès aux ressources; ensuite, un support qui peut être d’ordre matériel, intellectuel, psychologique ; et, enfin, des mises en relation avec des experts et des partenaires potentiels.


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