Avec le soutien de l’Union européenne et d’autres partenaires au développement, Enda ecopop compte mobiliser plus de 1500000 euro pour soutenir les collectivités territoriales à travers le Projet OFFLOCC. Enda ecopop compte ainsi concrétiser le Plan Sénégal émergent et l’Acte 3 à l’échelle locale. Un atelier de trois jours a été organisé pour lancer le projet. Occasion saisie par Enda pour signer des protocoles d’accord avec les communes ciblées. Dans cette interview le Coordonnateur exécutif de Enda ecopop, Bachir Kanouté, revient sur les objectifs et la stratégie de mise en œuvre du projet.

C’est le Projet OFFLOCC ?

Le Projet Offensive Locale Citoyenne pour la résilience communautaire, l’amélioration des conditions de vie des populations, la bonne gouvernance, la prévention et lutte contre la Corruption et l’évasion fiscale (Projet OFFLOCC), c’est une initiative citoyenne que nous voulons lancer pour la résilience communautaire autour de quelques enjeux majeurs dans les collectivités territoriales. Ce sont des enjeux de corruption, de citoyenneté, de la mobilisation des finances locales parce que là il faut dire que le gros problème qu’on rencontre dans le financement du développement local c’est la mobilisation des ressources. On attend toujours des ressources de l’Etat malheureusement ces ressources ne sont pas importantes. Ces fonds ne peuvent pas financer tous les projets des collectivités territoriales. C’est vrai que les territoires disposent de ressources. Malheureusement la mobilisation de ces ressources pose toujours problème. Ce projet vient alors aider la mobilisation des ressources propres des collectivités territoriales. Et de l’autre côté nous disons attention si la décentralisation financière se met en branle comme c’est le cas avec certaines réformes comme la transformation des fonds d’équipement, si on parvient à mobiliser les ressources dans les territoires, les ressources domestiques et ressources propres, si on parvient à mobiliser les ressources de la diaspora, les ressources de la coopération décentralisée. Il faut qu’on fasse très attention pour que l’ensemble de ces ressources soient gérées dans les principes de la bonne gouvernance. Tout ce qui est évasion fiscale, tout ce qui est fraude. Ce projet est lancé dans ce cadre pour accompagner 7 collectivités territoriales dans 6 régions articulé dans une démarche qui répond à ce besoin là. Evidemment c’est un projet qui intervient dans un contexte un peu spécial. Un contexte de préparation des élections locales qui vont se tenir au mois de décembre. Un contexte où différents défis se posent pour lesquels il faut construire l’accompagnement des collectivités dans des problématiques comme corruption, la bonne gouvernance …

Donc c’est tous les éléments de ce contexte là que nous avons essayer de prendre en charge au cours de cet atelier de deux jours. Rencontre aucours de laquelle nous avons mobilisé l’ensemble des maires des différentes collectivités ciblées, les directeurs des Agences régionales de développement, les services déconcentrés qui interviennent dans la décentralisation, les agences et programmes de l’Etat, les acteurs institutionnels, la presse etc.

C’est tous ces acteurs qu’on a regroupés pendant ces trois jours pour échanger sur le cadrage de ce projet appuyé par l’Union européenne pour penser à sa mise en œuvre et la démultiplication de l’activité sur le terrain.

Est-ce que dans ce projet il est prévu des activités pour la mobilisation des ressources propres des collectivités territoriales ?

Il y’a déjà une initiative qui va dans le sens de mettre en place des commissions de fiscalité locale. Ces commissions sont bien sur du ressort des collectivités territoriales mais jusqu’à présent n’ont jamais fonctionné. La conséquence c’est que la commune ne connait même pas sa potentialité fiscale. Et si elle la connait, elle  n’a pas de stratégie, ni de mécanisme pour mobiliser ses ressources propres. A cause d’une telle situation la commune n’arrive même pas à mobiliser 15%  de sa potentialité fiscale. Ce qui est assez faible.

Dans le cadre de ce projet, on a mis en place un mécanisme pour appuyer les communes à mettre en place ces commissions qui permettront d’identifier le potentiel fiscal et d’élaborer une stratégie de mobilisation des ressources dans la première année. De sorte que dans la deuxième année ces ressources mobilisées puisent financer les projets stratégique retenus avec les populations dans une démarche participative et inclusive. En le faisant nous rompons ce cercle vicieux avec les populations qui ne veulent plus payer des taxes parce qu’elles ne voient pas l’impact réel sur le terrain. Donc nous voulons renverser la tendance en travaillant sur la communication, l’éducation des citoyens et on va travailler avec les autorités pour répondre exactement à la demande sociale autour de la santé de l’éducation etc.

Quel est le cout du projet et est ce que vous comptez l’étendre aux autres communes ?

Le coût du projet est de 440000 euros financés par l’Union européenne. Nous sommes également en partenariat avec un ensemble d’institution comme Global Green Growth Institute (GGGI) qui intervient sur les fonds vert climat qui compte également financer les projets stratégiques issus d’une approche participative qui sont dans ses zones d’intervention. On ne peut pas définir ce montant maintenant. C’est après la planification qu’on pourra identifier ces différents projets. Mais on pense qu’au terme du processus le budget va tourner autour de 1500000 euros prenant en compte toute la phase de formation, de capacitation des acteurs, de sensibilisation et de la réalisation des projets stratégique qui va démarrer à partir de 2020.

Quels sont les obstacles ou contraintes identifiés ?

Les obstacles qu’on a identifiés portent sur le cadre lui-même. Il y’a les élections locales. Le projet intervient dans des communes. Les élus qui sont là aujourd’hui peuvent ne pas être reconduits. C’est déjà un premier obstacle. Mais on a réfléchi sur les risques et voir comment les atténuer et surtout faire de tel sorte que les élections locales ne constituent pas un frein à la bonne marche du projet. Mais également voir comment surmonter cet obstacle là pour que les prochains élus puissent prendre le train en marche.


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