Le Conseil économique social et environnemental a ouvert sa deuxième session ordinaire de l’année 2019, une session devant se dérouler du 29 octobre au 13 décembre. A l’issue de la séance plénière tenue hier, mardi 29 octobre, et qui a porté sur l’évaluation de l’Acte 3 de la décentralisation, le Cese a piloté, sous la houlette d’Aminata Touré, des échanges autour des  24 recommandations relevées, suite à l’audition du ministre des Collectivités territoriales et de l’aménagement du territoire, Oumar Guèye.

«Nous avons eu le plaisir d’ouvrir la deuxième session ordinaire du Conseil économique social et environnemental et nous avons commencé, ce matin, à étudier le projet d’avis qui consacre la contribution du Conseil économique social et environnemental à l’évaluation  de l’Acte 3 de la décentralisation », a dit à l’ouverture de la séance plénière la présidente du Cese Aminata Touré. Avant de déclarer qu’elle a été saisie par le ministre en charge de la décentralisation et «  notre inter-commission a travaillé d’arrache-pied pour donner la perspective du conseil au ministre ».

Faisant la corrélation avec l’actualité, la présidente du Cese explique : « Evidemment, vous vous rappelez que le président de la République a réuni l’ensemble des maires et présidents de Conseil départemental, le 10 octobre, pour justement s’assurer que l’Acte 3 va consacrer effectivement la territorialisation des politiques publiques. Pour cela, il faut également que les maires les plus proches des populations puissent être impliqués, il en est de même des présidents des Conseils départementaux, il faut aussi que les populations soient impliquées. La question des ressources a été abordée pour voir comment réfléchir sur une fiscalité qui permette aux entités de financer certaines initiatives ».

En plus, elle ajoutera :« l’Etat central s’est évertué à mettre à la disposition des Collectivités territoriales des moyens financiers, portés par le budget général. Ainsi, pour l’année 2019, le Gouvernement a inscrit des crédits globaux d’un montant de 52 milliards de francs CFA répartis entre le Fonds de Dotation de la Décentralisation (24 milliards) et le Fonds d’Equipement des Collectivités Territoriales (28 milliards), avec une progression de 14 milliards depuis 2012 ». Aminata Touré, la présidente du Cese n’oubliera pas aussi de mentionner l’impact des programmes comme le Pacasen dans cette dynamique de territorialisation des politiques publiques.

Oumar Gueye sur les efforts consentis dans les collectivités territoriales

Le ministre des Collectivités territoriales et de l’aménagement du territoire, Oumar Guèye, a tenu à rappeler pour sa part les efforts consentis dans les collectivités. « Il faut dire que le président, depuis son ascension à la magistrature suprême, a augmenté de façon considérable les dotations des collectivités territoriales. Je donne deux exemples : le Fonds de dotation de la décentralisation est passé de 16 milliards en 2012 à 24 milliards en 2019, le Fonds d’équipement des collectivités territoriales est passé de 12 milliards  500 en 2012 à 26 milliards en 2019. Donc vous voyez, il y a une augmentation considérable des dotations. Ensuite, est venue se greffer la contribution économique locale , la seule qui impacte l’ensemble des collectivités territoriales des communes et d’autres sources de financements avec le Pacasen (130 milliards sur 5 ans pour 123 collectivités territoriales) et la décision du président de la République de généraliser le Pacasen à l’ensemble des collectivités territoriales et particulièrement le Pacasen rural qui va donc être administré et piloté par le PNDL. Et de ce point de vue, nous constatons que beaucoup de ressources quittent l’Etat central vers les collectivités locales ».

Par ailleurs, le ministre Oumar Guèye est largement revenu sur son audition par les conseils. «Cette rencontre nous a permis de décliner la vision politique du président Macky Sall en matière de décentralisation. Nous avons passé en revue toutes les problématiques liées à l’Acte 3 de la décentralisation qui est une très bonne décision du chef de l’Etat avec la communalisation intégrale ». Pour autant, pour corriger les incohérences territoriales, le ministre Oumar Guèye annonce la mise en place prochaine d’un plan national : « Ce plan national d’aménagement de développement de territoire est extrêmement important et le président Macky Sall a décidé au mois de décembre de présider une rencontre présidentielle en vue de sa validation. C’est un plan nécessaire parce qu’un pays ne peut se développer si n’a pas d’aménagement de son territoire. C’est la base même du développement de toutes les questions liées à l’éducation, à a sante, toutes les questions liées aux infrastructures routières et autoroutières». Avant de lister les problématiques liées à la décentralisation : « la territorialisation des politiques publiques, la fonction publiques locales également le financement des collectivités territoriales, les questions liées à l’aménagement du territoire ». A noter que la participation  du Cese sera donc mise en profit pour le document final portant l’évaluation de l’Acte 3 de la décentralisation, un document qui sera remis au président.

Acte III : les verités d’Adama Diouf de l’uael

En plénière, le président de l’Union des associations d’élus locaux (Uael) n’a pas mâché ses mots pour interpeller le ministre Oumar Guèye. Evoquant les manquements de l’Acte III, il arguera : «Le sens des politiques publiques, c’est de régler les problèmes des populations. Et pour les régler, il faut les connaitre. La problématique du financement est aujourd’hui le nœud du problème central. Deuxième préoccupation, c’est l’articulation des projets territoriaux, le Pudc, le Pudc entre autres programmes. Les programmes de cette nature doivent être articulés aux projets territoriaux ».

Sud quotidien

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