Les quartiers de la commune étaient, jadis, dits de résidence du fait de la belle urbanisation, de la voirie de qualité, des espaces verts, des aires de jeux, des beaux bougainvilliers qui ornaient la devanture des maisons et j’en passe. Depuis 1996, en faveur de l’acte 1 de la décentralisation, la SICAP a cédé ses prérogatives de gestions de la voie publique à la Mairie. Et ce fut l’avènement de la privatisation sauvage des espaces publics, de l’importante réserve foncière de la Commune, de la dégradation voire disparition progressive des aires de jeux, de la détérioration des espaces verts etc.

Jusqu’en 2009, malgré tout ce que dessus, l’espoir d’un redressement de la situation, d’une correction des abus et d’une amélioration de l’existant, nourrissait encore les cœurs des résidents. Malheureusement, il est navrant de constater que les espaces publics sont devenus des parkings de vente et de location de véhicules, des points de vente de meubles et divers. Du rond point de la Case des tout-petits à celui de la « boulangerie jaune », de celui-ci au croisement de l’école sacré-cœur, de l’immeuble « Mariama » au le CNCA, etc., le spectacle est désolant et décourageant. Les riverains étouffent, subissent des nuisances sonores et atmosphériques en permanence, ils n’ont plus où marcher ou se promener et se disputent la route avec les automobilistes, même leur intimité en prend un sacré coup à cause des aménagements faits en face de leur porte d’entrée. On sait tout d’eux, les heures auxquelles ils sortent ou reviennent à la maison, les personnes qui les fréquentent, etc. A la limite c’est devenu dangereux dans la mesure où il est quasi impossible de connaître la raison de la présence de tel ou tel individu devant chez soi.

Les allées Sacré-cœur (prolongement de l’ancienne piste) commencent à devenir un vrai souk. Ces belles allées qui embellissaient la cité malgré les nuisances sont devenues un marché avec une installation incontrôlée de commerces. Il faut vraiment une forte mobilisation citoyenne pour y mettre fin avant qu’il ne soit trop tard.

Certes, la Mairie a besoin de ressources mais est-ce une raison pour sacrifier l’environnement et le cadre de vie à l’autel d’activités économiques simplistes, nuisibles, privatives, non productrices d’emplois et même suspectes ? A ce rythme chacun doit se poser la question de savoir à quel avenir est destiné nos quartiers et dans quel état de délabrement seront nos espaces publics dans 20 ans ou 30 ans ? Tout le monde se plaint des gargotes, de la saleté, de l’occupation anarchique de certaines places à l’intérieur des quartiers, des abus sur l’utilisation de certains de ces espaces sans aucun contrôle et de la dégradation d’autres places parce qu’aucun entretien n’y est fait par l’autorité.
Les acteurs locaux, de simples citoyens engagés et aminés de bonne volonté, sont de plus en plus interpelés par les riverains mais malheureusement leur rôle se limite à celui de veille, d’alerte et de plaidoyer. La Mairie est la seule à pouvoir agir légalement et contraindre, ce qu’elle ne fait pas.

J’ai toujours soutenu et soutiens encore qu’il nous faut des espaces verts, des aires de jeux et d’épanouissement, des espaces de promenade et de détente pour tous les âges et surtout pour les personnes âgées qui sont de plus en plus nombreuses dans la commune. Elles ont besoin de faire du sport (de la marche), de humer de l’air frais, de se détendre en dehors des maisons, etc. Mais rien n’est prévu pour les populations, cette absence consternante de vision ne traduit qu’une insouciance des besoins de vie des habitants et à la limite un manque de considération. Il faut penser vert, réaliser vert et avoir une éco-attitude pour une éco-vie durable et profitable à tous.

Il y a des aménagements verts qui ne sont pas incompatibles à la production de ressources pour l’Institution et à la création d’emplois, il suffit d’un peu de jugeote et d’imagination fertile pour faire d’une pierre plusieurs coups (diminuer la pollution, préserver l’environnement, améliorer le cadre de vie, créer des emplois, divertir et créer des ressources additionnelles). Cette commune n’a besoin que de calme, de salubrité, de sécurité, d’un environnement sain et d’un cadre de vie agréable. La jeunesse a besoin de s’épanouir et de s’occuper sainement. La facture sanitaire sera, du coup, réduite au grand bonheur des habitants et du budget.
Si le Maire relève ces défis, il aura déjà réussi sa mission et c’est à sa portée. Il suffit juste d’une volonté de faire et de faire faire.

Demba Makalou
Citoyen bloggeur


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