Retour à Dakar pour retrouver une ville surpeuplée, mais surtout encombrée et désordonnée. Laissée à elle même !

Pour mieux s’en rendre compte, il faut la quitter quelques jours puis y revenir. Il faut surtout s’y promener la nuit quand tout est supposé « paisible », mais que ça grouille de vie et de… désordre.

Les vaches errantes dans certains quartiers, les tas d’immondices à tous les coins de rue, les cantines qui se dressent partout, telles des balafres ! Ajoutez-y – l’approche de la tabaski aidant – ce grand foirail à ciel ouvert et le cocktail d’odeurs nauséabondes gracieusement servi ! Ici, l’ont vit de commerce et ça se voit partout.

Si ce n’était que ça…

Je ne sais pas si ceux qui gouvernent en ont conscience, mais Dakar vit, survit plutôt, comme une orpheline. Livrée à elle même. Abandonnée. Incapable de s’orienter.

Je crois qu’à travers les agressions, les meurtres et la folie qui s’y promène, elle nous crie déjà son désarroi. Son désespoir. Qui écoute ?

La nuit permet aussi de voir, avec un autre regard, plus attentif, la nudité et les amas des chantiers qui sortent de terre.Telles des furoncles purulents sur une peau jadis lisse. Entre les grues et les camions, les stocks de ciment et les gravats qui obstruent les routes sans que ça ne dérange personne. Et Dieu sait qu’il y en a, des chantiers ! A presque tous les coins de rue.

Deux questions : d’où sort tout cet argent et qui en sont les propriétaires ? L’histoire, aussi patiente qu’une maman africaine devant son fourneau, répondra.

Que dire aussi de toutes ces voies de passage volontairement barrées ou fermées par des particuliers?

En attendant de trouver réponses aux mille et une questions qu’elle nous lance quotidiennement à la figure, cet égoïsme des riches devant la précarité et le dénuement qui vous croisent partout, devrait aussi nous interpeller.

Oui, Dakar étouffe. De ses « richesses » étalées. De sa pauvreté ambiante. De ses contradictions qui s’amoncellent dans un triste laisser-aller. Il me semble d’ailleurs qu’il nous sera de plus en plus difficile d’y célébrer le souffle joyeux de la vie ! A moins d’un sursaut salvateur. Mais d’où, et surtout de qui, viendra-t-il ?

Par Hamadou Tidiane SY


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