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L’implication des collectivités territoriales dans la paix et la sécurité est nécessaire face aux menaces multiformes, qui ne cessent de grandir et menacent nos pays. Le Programme collectivités territoriales paix et sécurité mis en place par le Cheds, d’une durée de deux ans, arrive à son heure.

«Il ne peut y avoir de développement sans paix ni sécurité.» Le Centre des hautes études de défense et sécurité (Cheds) et la Fondation Konrad Adenauer, a mis en place le Programme collectivités territoriales paix et sécurité. Cette initiative, dont le lancement a été effectué hier en présence de membres des collectivités territoriales et les Forces de défense, va durer deux ans et couvrir l’ensemble du territoire national. L’idée, d’après le général Mbaye Cissé, directeur du Cheds, est partie du constat que «la sécurité dans le monde ne se résume plus à un face à face entre les citoyens et l’Etat». Car «les citoyens avec leurs besoins sans cesse croissant en sécurité, demandent des commissariats, des brigades de gendarmerie». Alors que l’Etat, dit le Directeur du Cheds, ne dispose pas toujours des moyens pour satisfaire toutes ces sollicitations. Ce programme a été pensé pour combler les différents vides. Selon lui, «la sécurité n’est plus l’apanage de l’Etat contraint par la raréfaction de ses ressources face aux besoins sécuritaires croissants des villes et des campagnes». Pour lui, elle doit être une préoccupation partagée, qui doit mobiliser les acteurs à la base tels les élus locaux. A l’en croire, la paix ne se limite plus à la protection des biens et des personnes, mais elle englobe la satisfaction des besoins multidimensionnels de l’homme. «C‘est pourquoi, au regard des événements qui se déroulent dans notre pays et dans la sous-région marquée par des situations d’insécurité, de banditisme exacerbé, de grand banditisme, d’intolérance et de violence inouïe, la thématique est plus que d’actualité.» Aujourd’hui, poursuit le général Mbaye Cissé, «la situation d’insécurité semble de plus en plus compliquée, car elle est vécue par nos populations des profondeurs souvent désemparées par des multiples agressions, les vols à mains armées, les cambriolages presque souvent assortis de mort d’homme».
Ainsi, ce nouveau programme «vise à améliorer la contribution des collectivités territoriales à l’édification et au maintien d’environnements sécurisés, propices à la cohésion sociale et au développement dans notre pays». D’après Abou Amath Seck, le directeur de Cabinet du ministre des Collectivités territoriales, «c’est un objectif qui cadre parfaitement avec les orientations définies dans le plan Sénégal émergent».
Les acteurs de la société, les élus, les Forces de défense et de sécurité, vont réfléchir et échanger pendant deux jours sur comment ils pourront coproduire la sécurité. «Nous voulons que chacun joue son rôle afin qu’à l’échelle de nos territoires nous ayons des espaces plus sûrs en mettant en place des mécanismes de prévention», enchaîne général Cissé. Selon le directeur de Cabinet du ministre des Collectivités territoriales, le défi à relever reste «l’urbanisation galopante et anarchique dans la plupart de nos villes avec une population encore très jeune souvent sans emploi». A l’en croire, les statistiques de l’Agence nationale pour la démographie indiquent que 69,65% de la population sont constitués de jeunes de moins de 30 ans et «le Sénégal est caractérisé par la croissance rapide de sa population». La jeunesse, une énorme force de travail, peut être un atout. Le contraire est aussi vrai. «Elle a aussi une conséquence très prégnante sur nos politiques sociales parce qu’elle constitue une pression sur la demande sociale en termes d’emplois, d’entreprenariat, en termes d’éducation, de qualité de santé et de bien-être, d’infrastructures sociales de base, d’environnement saint, en termes de cadre de vie adéquat et en termes de sécurité.» Selon le maire de Dakar, Mme Soham Wardini, le développement de nos villes devra irrémédiablement s’accompagner d’une prise en compte forte de toutes les causes de l’insécurité comme l’indiquait en 1994, le rapport sur le développement humain de l’Organisation des Nations unies (Onu).

Le Quotidien

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