Le Haut conseiller, Souty TOURE, Ancien ministre de la décentralisation, Président de la commission coopération et financement des collectivités s’exprime dans cet entretien sur les enjeux stratégiques de ce nouvel organe institutionnel de notre pays.

MONSIEUR SOUTY TOURE, QUELLE EST SELON VOUS LA PERTINENCE DU HAUT CONSEIL DES COLLECTIVITES TERRITORIALES ?

La mise en œuvre efficace des politiques et programmes de décentralisation et des politiques d’aménagement et des programmes d’aménagement du territoire en font certainement un cadre privilégié de réflexion, d’analyse, de proposition qui permet de faire entendre la voix des collectivités territoriales auprès du législatif et de l’exécutif, donc qui permet et qui favorise la prise en charge des préoccupations des collectivités locales et des communautés à la base.
Ça c’est de manière générale, mais de manière précise au Sénégal , l’on remarque que la mise en place du HCCT intervient après qu’on ait posé les premiers pas des jalons de l’Acte 3 de la décentralisation , période considérée comme la phase première, et dans la période où l’on se prépare à lancer la politique de territorialisation des politiques publiques de développement, c’est-à-dire l’application des politiques publiques de développement en tenant compte des critères éco géographiques, des critères sociologiques, des particularités des zones pour que dans notre pays dans l’ensemble, on ait d’abord une bonne organisation qui permet d’avoir une répartition des zones et des activités sur l’ensemble du territoire national dont l’activité va contribuer à booster le développement de notre pays. Lorsque l’institution du HCCT intervient en cette période, il est évident que ce haut conseil a un rôle stratégique très important, d’abord il doit assurer la cohérence de la réforme, c’est-à-dire que la phase 1 et la phase 2 ne doivent pas être conduites comme des phases différentes. Il faut qu’il y’ait un link, une articulation qui imprime, qui garde à la réforme sa cohérence et sa logique. Autrement dit le HCCT doit aider à apporter les corrections nécessaires enregistrées et notées dans la phase 1 et aider à préparer des propositions les plus judicieuses pour la mise œuvre de la phase 2.
D’autre part, Le HCCT a un rôle fondamental dans la mobilisation des forces et des catégories sociales à travers les communautés de base auxquelles ils appartiennent, auprès des collectivités locales auxquelles ils appartiennent pour les mobiliser en faveur du mouvement de la décentralisation, en faveur du développement des collectivités locales ; donc c’est un instrument irremplaçable.

MONSIEUR OUSMANE TANOR DIENG, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU PARTI SOCIALISTE, A LA TETE DE CETTE NOUVELLE INSTITUTION : EST-CE LE BON CHOIX SELON VOUS ?

Oui je trouve que c’est un bon choix, parce qu’une institution a besoin de crédibilité, la dimension politique de Ousmane Tanor DIENG fait que cette institution est représentée à sa tête par une personnalité dominante de la classe politique du Sénégal en termes de représentativité, en termes d’héritage historique, en termes de gardien de politiques que notre pays a mis en œuvre pendant 40 ans. Il est évident qu’avant cette période que nous vivons avec l’acte 3, il y’a eu l’acte 2 qui est celle de la régionalisation. Cet acte là c’était sous le régime socialiste donc Tanor est dépositaire de l’héritage d’une politique de décentralisation dont les périodes les plus importantes peut-on dire, après les textes, celle de 72 avec les communauté rurales, celle de 96 avec la régionalisation et la suppression de la tutelle, je pense aujourd’hui l’acte 3 qui vient prolonger cette évolution-là, Ousmane Tanor DIENG est bien placé pour jouer cette articulation là et il en a la dimension politique.

VOUS FAITES PARTIE DES 70 MEMBRES DU HAUT CONSEIL NOMMES PAR LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, QUELLE APPRÉCIATION VOUS EN FAITES ?

Je pense que c’est un choix juste d’abord le fait de faire cohabiter ensemble les représentants issus directement des collectivités territoriales et élus par les conseillers municipaux et départementaux emporte la garantie que les préoccupations que vivent ces collectivités territoriales à la base seront représentées au niveau du HCCT et que les préoccupations seront examinées et que par ailleurs que les politiques qui peuvent être proposées par les autorités compétentes seront examinées avec la sensibilité d’acteurs issus de la base.
Le fait que dans les 70 vous ayez des représentants des communautés de base, j’ai vu des représentants des confréries religieuses, des représentants de grandes organisations qui traversent l’organisation de notre société et qui sont impliqués à des niveaux importants et dans des secteurs importants de la vie sociale, font que les réoccupations des différentes catégories sociales seront prises en charge. J’ai vu à côté de ces représentants des personnes qui ont une certaine expérience dans ce secteur-là, je pense que cela peut être important. En définitive le choix du président de la république de donner au HCCT son caractère d’organe, de cadre dédié aux collectivités locales est gardé, le souci de faire en sorte que son travail d’examen pour avis sur les politiques et les programmes de développement et d’aménagement du territoire soit le plus avisé, le plus pertinent et le plus efficace est aussi pris en compte. Il y’a des chances parce qu’il y’a des personnalités qui sont issues d’autres secteurs de la vie nationale et qui réunissent une certaine expérience, je pense donc que c’est un choix judicieux du Président de la République de nommer des personnalités qualifiées au HCCT.

QUEL RÔLE DEVRAIT JOUER LE HAUT CONSEILLER POUR RÉPONDRE AUX ATTENTES ET RÉUSSIR LES MISSIONS QUI LUI SONT ASSIGNÉES ?

C’est d’abord être bien organisé. L’organisation est le point de départ de tout ce qu’on veut faire dans un travail pour réussir, pour réussir il faut bien s’organiser. Si nous sommes bien organisés, le reste il faut y ajouter la discipline personnelle, l’auto discipline des hauts conseillers. A cet égard là l’exemple des assemblées précédentes laisse un constat d’insuffisance d’assiduité dans le travail. Il faut que l’assiduité au travail soit de mise dans le règlement intérieur. Il faut ensuite y croire et je pense qu’en acceptant les nominations, en se portant candidat au HCCT, les uns et les autres ont à cœur de contribuer à un travail efficace du HCCT d’autant que c’est une première expérience et nous allons lier notre nom à cette expérience.

QUE RÉPONDEZ-VOUS A CEUX QUI SOUTIENNENT QUE LE HCCT EST UNE INSTITUTION BUDGÉTIVORE ET DESTINÉE A CASER UNE CLIENTÈLE POLITIQUE ?

En vérité je plains ceux qui s’en offusquent. Je trouve tellement normal qu’un Président de la République choisisse des collaborateurs susceptibles de comprendre ces choix politiques, qui disposent de qualités capables de l’aider à réaliser ces objectifs qui sont issus d’un programme politique qui l’a emmené au pouvoir par la volonté des sénégalais. C’est des appréciations très superficielles qui dénotent l’absence de compréhension des gens dans ce que représentent les institutions.
Les institutions sont faites pour garantir le fonctionnement normal de la société. Est-ce que cette institution du HCCT permet un bon fonctionnement des hommes et des femmes qui évoluent à l’intérieur des communes, des départements ? Je dis que ça aide puisque nous allons nourrir la réflexion du président de la république et de son gouvernement et même du législatif au moment des textes de lois concernant la décentralisation pour améliorer l’élaboration de ces textes, pour aider à donner des avis et des propositions qui permettent d’améliorer l’exécution des programmes de développement.

Source : Gouvernance territoriale


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